• --> --> --> --> --> --> -->--> --> --> --> -->--> --> --> --> --> -->--> -->

Girofle

1. Historique

Le girofle trouve ses origines aux îles Moluques, en Asie. Le giroflier a été introduit à Madagascar vers 1827 au niveau de l’île Sainte Marie par Pierre Poivre. Ce n’est qu’en 1900, dans les environs de Soanierana,  que les premières plantations sur la grande terre malgache furent établies.
Estimés à 19 000 tonnes, la production de clous de girofles est  répartie dans les provinces de Toamasina, Fianarantsoa et Antsiranana, plus précisément dans la région d’Analanjrofo, Vatomandry, Mahanoro, les régions Sud Est de Mananjary à Fort Dauphin, enfin les régions SAVA et DIANA.

2. Classification botanique

 

Régne
Plantae
Division
Magnoliophyta
Classe
Magnoliopsida
Sous classe
Rosidae
Ordre
Mytales
Famille
Myrtaceae

 

3. Généralités

L’arbre a une forme conique. D’une hauteur moyenne de 10 à 12 mètres, il peut atteindre jusqu’à 20 mètres de haut.

– Ses feuilles persistantes sont ovales et coriaces.

– Les fleurs à 4 pétales blanc rosé sont caractérisées par leurs sépales rouges persistants. Avant l’épanouissement, les boutons floraux sont nommés « clous de girofle ». C’est à cette époque qu’on les récolte avant de les laisser sécher au soleil jusqu’à ce qu’ils prennent une teinte brun foncé. Cet arbre est d’origine Indonésienne.

4. La plante

Le giroflier est un bel arbre à feuillages persistants qui peut atteindre à 12 à 15m de hauteur.

5. Les variétés existantes

Le CTHT développe la variété Eugenia caryophyllata L.

6. Ecologie de la plante

Plusieurs paramètres conditionnent son bon  développement : une basse altitude, une température qui varie de 26 à 30 °, une pluviométrie annuelle supérieure à 3000mm et une saison sèche permettant une bonne floraison et production.

 

7. Sol (choix du terrain)

Pour sa culture, le giroflier requiert un sol fertile à compacité moyenne. La plante ne peut supporter le contact prolongé avec l’eau et craint les terrains trop légers, les sables plus ou moins salés.
La région de la côte Est malgache satisfait ces exigences si bien que le giroflier s’y trouve en abondance offrant la majorité de la production nationale.

8. Plantation ou culture

La plantation s’effectue lorsque les pluies sont bien établies et régulières.

– Le piquetage: a pour but de repérer les emplacements précis des futurs girofliers, espacé de 7m sur chaque ligne. Chaque ligne étant elle-même espacée de 7m. Ce qui correspond à une densité de 200 pieds par hectare.
– La trouaison: On marque tout d’abord une aire de plus de 1m2, autour d’un piquet qui matérialise le centre de cette surface. On trace les limites du trou de 60cm de côté, le trou a également 60cm de profondeur.
On a pris soin de déposer la terre de surface d’un côté et la terre de fond d’un autre côté du trou.

– Le rebouchage : on commence par la terre de surface, on procède à un apport de fumier à mélanger avec la terre de fond.  On termine le rebouchage avec ce mélange. Il est important de bien marquer une butte afin qu’il n’y ait pas de stagnation d’eau et donc de pourrissement du jeune plant. Dans cette butte, on creuse un trou qui va accueillir le jeune plant.

– Arrosage: Il convient d’arroser le plant encore en pot afin d’éviter l’effritement de la motte. On incise le fond du pot plastique. Le pot plastique est enlevé puis on finit le rebouchage à la main. On procède alors à un bon arrosage.

– Ombrage: Il est impératif de protéger le jeune plant des rayons de soleil par la fabrication d’une ombrière d’environ 80cm de hauteur. Cette ombrière restera en place au moins durant les 6 premiers mois suivant la plantation.

– Paillage: On procède ensuite à un paillage autour du jeune plant, sans que ce paillage touche directement le plant afin d’éviter tout développement de la maladie fongique et la pourriture du collet.

Par la suite il sera procédé régulièrement, à un détourage des plants.

Des défrichages doivent également être  réalisés dans les plantations plus anciennes.

9. Floraison

La phase de floraison du giroflier a lieu chaque année 6 à 8 ans après la plantation.

10. Récolte

Le giroflier fructifie à partir de la cinquième année, la récolte de clous est appréciable vers la huitième année, et la pleine production est atteinte à 20 ans. Cependant, il faut signaler que la production a un caractère cyclique et que la pluviométrie a une influence non négligeable.
En effet, une faible pluviométrie favorise la production des clous au détriment des feuilles et réciproquement.

La récolte du girofle est une opération laborieuse. Elle se fait en prélevant le pédoncule qui porte les clous. Elle est suivie de l’égriffage qui consiste à séparer le clou du pédicelle, puis les produits sont mis à sécher séparément.

11. Rendement

La production des girofliers est très irrégulière. Et on ne peut compter sur une bonne production qu’une fois tous les trois à quatre années. Le rendement annuel par arbre est estimé entre 6 à 16 kg de clous frais correspondant entre 900 kg et plus de 2 tonnes à l’hectare.

12. Problèmes phytosanitaires

Parmi les parasites animaux, le plus important est « l’Andretsa ». Ce lepidoptère (chrysotypus caryophyllac) appartient à la famille des thyrididae. La femelle pond des oeufs à l’extrémité des tiges – les larves après éclosion percent des galeries dans les branches et le tronc causant des dégât importants.

Le seul moyen de lutte préconisé à l’heure actuelle est le répérage des galeries et l’élagage mais une lutte biologique pourrait être envisagée.

13. Transformations

Les clous seront vendus en tant qu’épices et serviront dans la composition de plats culinaires et des composés pharmaceutiques.

Les clous de girofle broyés entrent dans la composition de cigarette très prisée en Indonésie « Les kretek ». 95 % de la production mondiale de clous de girofle sont utilisés pour la fabrication des kretek.

Les propriétés antiseptiques et anesthésiques des boutons floraux sont reconnues depuis longtemps et proposés dans les cas des douleurs dentaires. L’huile essentielle des clous de girofle  est largement utilisée en aromathérapie.

A partir du giroflier, on peut distiller les clous, les griffes et le feuilles qui contiennent elles aussi une forte proportion d’eugénol. Les essences de feuilles provenant de Madagascar sont réputées contenir une forte concentration d’eugénol, dans une proportion de 75 % à 88% dans l’essence. L’extraction de cette essence se fait par hydro distillation. Un cycle de distillation peut durer 24 heures. L’approvisionnement en bois est le souci majeur des distillateurs.  Seule, la côte Est offre aujourd’hui des quantités suffisantes notamment d’eucalyptus.
Les rendements connus pour les feuilles sont de l’ordre de 2 % en masse. Pour les griffes, le rendement est de l’ordre de 5 % et de 15 à 20 % pour les clous.